Série : TOUS ENSEMBLE DANS LA VIE DU MUSÉE « Présentation des poupées dans leurs vêtements d’origine: “Nadine de Raynal” – Bonus – caractéristiques de la poupée, catalogue et boîte

Un grand merci à Mme Anne pour avoir partagé ces photos sur le blog de notre musée.

Voici une publication de Madame Anne:
“Voici ma poupée RAYNAL Nadine que j’ai eue pour mon Noël 1956. Elle mesure 48 cm, elle est en rhodoïd, ses cheveux sont naturels, ses yeux sont riboulants. Elle est dans sa tenue d’origine, avec son petit cœur marqué Raynal, il manque juste un tout petit bouquet de fleurs qui était accroché à sa ceinture.”

Informations supplémentaires fournies par le musée :
FICHE MUSÉALE – Poupée Nadine, maison Raynal (1954–1957)
Dénomination : Poupée mécanique
Nom du modèle : Nadine
Fabricant : Raynal, France
Période de production : 1954–1957
Hauteur : 48 cm
Matériaux :
– Tête : rhodoïd
– Corps et membres : rhodialite
– Yeux : polystyrène
– Chevelure : cheveux naturels
Description générale
La poupée Nadine constitue l’un des modèles emblématiques de la maison Raynal, célèbre fabricant français de poupées du XXᵉ siècle. Produite dans l’immédiat après-guerre, entre 1954 et 1957, cette version de Nadine témoigne de l’évolution technique et esthétique des poupées mécaniques destinées au marché européen.
D’une hauteur de 48 cm, Nadine présente des proportions harmonieuses et une finition soignée, caractéristiques des productions haut de gamme de Raynal. Elle est dotée d’un mécanisme sonore intégré, activé par retournement, permettant l’émission de sons, dispositif ludique très apprécié à l’époque.
Tête et expression
La tête est entièrement réalisée en rhodoïd, matériau couramment utilisé par Raynal avant et après la Seconde Guerre mondiale. Il est à noter que ce moule de tête demeure inchangé depuis la création du modèle Nadine, antérieure au conflit mondial, ce qui en fait un élément de continuité remarquable dans la production de la marque.
Le visage s’inspire directement de celui de l’actrice enfant Shirley Temple, figure emblématique du cinéma américain des années 1930. Les traits sont doux et arrondis, avec un sourire expressif, des joues délicatement rosées et un teint lumineux. Cette physionomie reflète parfaitement l’esthétique enfantine idéalisée de l’époque.
Les yeux dormeurs en polystyrène sont mobiles et expressifs, se fermant automatiquement lorsque la poupée est couchée. Ils apportent une grande vivacité au regard et renforcent l’impression de réalisme.
La bouche légèrement ouverte laisse apparaître deux petites dents finement moulées, détail charmant et caractéristique des poupées dites « à dents », très populaires dans les années 1950.
Chevelure
Nadine est coiffée d’une perruque en cheveux naturels, élément de grande qualité pour l’époque. Selon les séries, la chevelure peut être :
– longue ou courte,
– lisse ou bouclée.
Cette variété permettait aux distributeurs de proposer plusieurs styles, augmentant l’attrait commercial du modèle. Les cheveux sont implantés sur une base textile fixée solidement à la tête.
Corps et articulation
Le corps ainsi que les membres sont fabriqués en rhodialite, matière plus dense et plus lourde que le rhodoïd, conférant à la poupée une sensation de solidité et de qualité supérieure.
Les bras et les jambes sont montés sur élastiques, assurant une bonne mobilité et permettant diverses positions. Le système d’articulation est typique des productions Raynal de cette période.
La tête est emboîtée dans le corps, qui renferme un mécanisme sonore à bascule. Ce dispositif émet un bruit lorsque la poupée est retournée, reproduisant les sons de pleurs ou de gazouillis, selon le mécanisme installé.
Évolution technique du corps
Deux types de corps sont observés pour cette période :
Version 1954 :
Les ouvertures destinées au mécanisme sonore sont disposées en cercles concentriques sur le ventre. Cette configuration est caractéristique des premiers corps en rhodialite et constitue aujourd’hui un critère de datation essentiel.
Version 1957 :
Un nouveau corps est introduit. Les trous du système sonore adoptent alors une disposition en forme d’hélice, offrant une modification visuelle notable. Cette évolution marque la dernière phase de production du modèle Nadine dans cette version.
Marquages et identification
Sur la nuque figure l’inscription « RAYNAL » dans un rectangle.
– En dessous apparaît la lettre « C ».
– Au-dessus se trouve un chiffre correspondant au moule de fabrication.
Dans le dos, on retrouve également la marque « RAYNAL » dans un rectangle, suivie d’un numéro indiquant la cavité du moule utilisée lors de la production.
Ces marquages sont essentiels pour l’authentification du modèle et l’identification précise des variantes de fabrication.
Comparaison avec les versions antérieures
La Nadine en rhodialite est sensiblement plus lourde que les versions précédentes entièrement réalisées en rhodoïd, notamment le modèle de 1947. Cette évolution traduit une volonté du fabricant d’améliorer la robustesse et la perception qualitative de la poupée.
Intérêt patrimonial
La poupée Nadine illustre parfaitement la transition technologique et stylistique de la poupée française d’après-guerre. Son visage inspiré du cinéma américain, l’utilisation de matériaux synthétiques innovants et l’intégration de mécanismes sonores en font un objet représentatif de la culture populaire des années 1950.
Aujourd’hui, elle est particulièrement recherchée par les collectionneurs spécialisés, notamment dans ses versions complètes avec perruque d’origine, mécanisme fonctionnel et marquages lisibles.



