Atelier Arianne – clinique et musée de poupées – Jeanne d’Arc, un voyage dans le temps… retour au cœur des années 1920 et 1930

Certaines poupées traversent le temps en silence, portant sur leur petit visage l’empreinte de plusieurs générations.
La Jeanne d’Arc de Petitcollin fait partie de ces modèles emblématiques qui racontent, à elles seules, une page entière de l’histoire de la poupée française.
Avec sa coupe courte si reconnaissable, son regard sérieux et sa silhouette fine en celluloïd, elle évoque à la fois l’enfance d’autrefois, la modernité des années 1920 et le savoir-faire d’une grande maison de fabrication.
Qu’elle mesure quelques centimètres ou près d’un demi-mètre, chaque Jeanne d’Arc possède une présence particulière, touchante, presque vivante.
Au fil des décennies, ces poupées ont été aimées, habillées, parfois accrochées, réparées, transmises, et chacune porte aujourd’hui les traces de sa propre histoire. C’est ce qui les rend si précieuses, bien au-delà de leur matière.
Dans cet article, je vous invite à découvrir en profondeur ce modèle mythique de Petitcollin : son apparition dans les catalogues d’époque, ses différentes tailles, ses variantes, ses détails d’identification et les anecdotes qui entourent son parcours à travers le temps.
Jeanne d’Arc Petitcollin : histoire, caractéristiques, repères d’identification
Pour accompagner l’article de restauration, je vous propose ici un second volet plus documentaire, consacré à la poupée Jeanne d’Arc de Petitcollin — un modèle emblématique, décliné en de nombreuses tailles, dont la nôtre : 45 cm.
1) Un modèle mythique chez Petitcollin
Dans l’univers Petitcollin, « Jeanne d’Arc » n’est pas qu’un prénom : c’est le nom d’un modèle reconnaissable, produit à partir de 1926 et décliné en plusieurs hauteurs.
On la rencontre très fréquemment entre 12 et 45 cm, mais il existe aussi des très petites tailles.
Ce modèle est souvent présenté comme l’un des premiers modèles Petitcollin représentant une « petite fille », avec :
- une expression sérieuse
- une bouche fermée
- une coiffure courte emblématique
Un tournant dans l’histoire de la poupée moderne.
2) Les signes distinctifs « Jeanne d’Arc »
Repères essentiels pour l’identification
Les descriptions de collectionneurs et de ventes aux enchères reviennent presque toujours sur les mêmes éléments.
Visage et coiffure
- visage sérieux, bouche fermée, nez droit
- cheveux moulés en carré court avec frange droite
La célèbre « coupe à la Jeanne d’Arc ».
Corps et montage
- montage par élastiques (tension interne)
- pour certaines versions : montage dit « tête à la japonaise » (le cou s’emboîte dans la tête)
Ce système rend les restaurations très techniques, surtout pour les petits formats.
Détails moulés caractéristiques
- bracelet moulé (souvent au poignet droit)
- chaussettes blanches moulées
- chaussures noires moulées et peintes
Marquages
Très fréquemment rencontrés :
- tête d’aigle
- « FRANCE »
- indication de taille (ex : « 25 FRANCE »)
Sur les petites tailles : parfois uniquement la taille ou une combinaison simplifiée.
3) Celluloïd puis acéloïd : une poupée liée à l’histoire des plastiques anciens
Les sources de collection indiquent que Jeanne d’Arc a existé :
- en celluloïd
- puis également en acéloïd / acétate de cellulose
Petitcollin est profondément liée à l’histoire des matières plastiques en France, avec un développement industriel documenté depuis le XIXᵉ siècle.
Conservation – point essentiel
Le celluloïd est magnifique mais fragile :
- sensible à la chaleur
- sujet aux fissures
- se déforme facilement
Les versions en acéloïd peuvent être concernées par le syndrome du vinaigre :
- odeur acide
- retrait de matière
- fragilité accrue
Un stockage ventilé et stable est fortement recommandé.
4) Pourquoi trouve-t-on si souvent des « trous » sur ces poupées ?
Question très fréquente chez les collectionneurs.
Les archives de ventes donnent une explication concrète.
Aux pieds
Certaines Jeanne d’Arc étaient :
- fixées
- accrochées
- utilisées comme décorations
Parfois même sur des sapins de Noël anciens.
D’où les trous de fixation.
À la tête
Petits trous souvent dus à :
- épingles
- rubans
- coiffes décoratives
- anciens montages
Ce sont souvent des traces de leur vie passée, pas forcément des défauts.
5) La petite taille (15 cm) : défi technique et charme exceptionnel
La Jeanne d’Arc 15 cm est particulièrement recherchée :
- elle tient dans la main
- mais conserve tous les codes du modèle
Et paradoxalement, plus c’est petit, plus c’est difficile à restaurer :
- accès interne minuscule
- élastiques délicats
- retouches ultra précises
Un véritable travail d’orfèvre.
Jeanne d’Arc dans les catalogues Petitcollin (années 1920–1930)
Le modèle apparaît dès la fin des années 1920 dans les catalogues consacrés aux poupées en celluloïd.
On y voit clairement :
- Jeanne d’Arc présentée comme un modèle spécifique nommé
- plusieurs tailles côte à côte
- même moule de tête pour toutes les hauteurs
- coiffure courte signature
Les tailles sont souvent indiquées en centimètres ou numéros.
Gamme complète des tailles connues (recoupement fiable)
D’après :
- catalogues d’époque
- descriptions historiques
- ventes documentées
Tailles produites :
- environ 12 cm
- 15 cm
- 20–25 cm
- 30–38 cm
- 44–45 cm
L’un des modèles Petitcollin les plus largement déclinés.
Différences selon la taille (très important)
Très petites tailles (12–15 cm)
- corps très fin
- détails simplifiés mais présents
- chaussures et chaussettes presque toujours moulées
Les plus difficiles à restaurer.
Tailles intermédiaires (25–38 cm)
- articulations plus visibles
- yeux parfois peints, parfois fixes
- bracelet moulé souvent bien marqué
Les plus courantes en collection.
Grandes tailles (44–45 cm)
- silhouette plus imposante
- traits souvent plus expressifs
- parfois yeux rapportés selon séries
Superbes mais fragiles en celluloïd.
Tenues d’origine
Les catalogues montrent Jeanne d’Arc :
- en robes simples de petite fille
- parfois en tenues régionales
- parfois habillée tissu amovible
Beaucoup ont perdu leurs vêtements au fil du temps — d’où la diversité actuelle.
Évolution des matériaux
Premières séries :
celluloïd
Plus tard :
plastiques dérivés (acéloïd)
Ce qui explique :
- rigidité variable
- vieillissement différent
- apparition possible du syndrome du vinaigre
Pourquoi Jeanne d’Arc reste un modèle culte
Parce qu’elle réunit :
- simplicité élégante
- expression touchante
- large gamme de tailles
- symbole de la « petite fille » moderne
Un véritable tournant chez Petitcollin.
En résumé (référence claire)
- Modèle lancé vers 1926
- Celluloïd puis dérivés
- Tailles de environ 12 à 45 cm
- Même moule de tête
- Variations de corps et détails
- Yeux variables selon séries
- Bracelet moulé et chaussures fréquents
Appel aux collectionneurs et passionnés
Si vous possédez une Jeanne d’Arc Petitcollin :
- indiquez sa taille
- montrez le marquage
- précisez le type d’yeux
- partagez sa tenue
Chaque information enrichit la documentation de ce modèle emblématique.
Pour une identification ou une restauration (poupée, jouet ancien, peluche) :
Atelier Arianne – musée et clinique de poupées
122 Chemin du Pas Estreit
09110 Ascou
Dorothée – Atelier Arianne – clinique et musée de poupées
















