ATELIER ARIANNE DANS LA DÉPÊCHE DU MIDI : L’HISTOIRE COMPLÈTE D’UN MUSÉE ET D’UNE CLINIQUE POUR PRÉSERVER LA MÉMOIRE DES POUPÉES

Aujourd’hui, vendredi 24 juillet 2026, La Dépêche du Midi consacre un très bel article au projet Atelier Arianne, clinique et musée de poupées, actuellement en cours d’installation à Ascou, en Ariège.
Je remercie très sincèrement Clémentine Rivière pour son écoute, pour l’intérêt qu’elle a porté à mon parcours et pour la place accordée à ce projet patrimonial qui me tient profondément à cœur.
L’article étant réservé aux abonnés, certaines personnes ne peuvent malheureusement pas le lire dans son intégralité. Je souhaitais donc partager ici une présentation beaucoup plus complète de notre histoire, à partir des informations que j’avais personnellement transmises à la journaliste.
Ce musée n’est pas encore ouvert au public. Les bâtiments sont toujours en cours de rénovation et d’aménagement, et l’ouverture est prévue pour l’année prochaine, lorsque les visiteurs pourront être accueillis dans de bonnes conditions.
Cependant, le projet existe déjà pleinement.
Il existe dans les collections, dans la clinique de poupées, dans les restaurations réalisées chaque jour, dans les dons qui nous sont confiés, dans les recherches, dans le blog, dans l’encyclopédie, dans les archives et dans la formidable communauté qui s’est progressivement construite autour d’Atelier Arianne.
🏡 Un ancien presbytère transformé en musée
À Ascou, petit village de montagne situé en Ariège, l’ancien presbytère va connaître une nouvelle vie.
Lorsque j’ai présenté mon projet de musée de poupées, l’idée a naturellement provoqué une certaine surprise. Un musée consacré aux poupées et aux jouets anciens dans un ancien presbytère, au cœur d’un petit village, pouvait paraître inattendu.
Mais l’étonnement a rapidement laissé place à l’intérêt et à l’enthousiasme.
Avant notre mariage, mon mari, qui est ariégeois et profondément attaché à cette région, m’a présentée à Madame Sabine Carriere, maire d’Ascou. Nous avons parlé de mon travail, de la clinique de poupées, de ma collection et de mon désir de créer un véritable lieu de conservation et de transmission.
Une solution est alors apparue : l’ancien presbytère pouvait accueillir le futur musée.
Cela a été une chance immense.
J’ai d’abord loué le bâtiment de l’ancien presbytère. Très vite, il est devenu évident que, malgré sa taille, celui-ci ne pourrait pas accueillir à la fois les collections, les espaces d’exposition, les réserves et tout le travail quotidien de restauration.
Un autre bâtiment situé à proximité a donc été prévu pour accueillir la clinique de poupées.
Sans l’aide, la confiance, la compréhension et l’engagement de la mairie d’Ascou, ce projet n’aurait pas pu prendre naissance ici. Je suis profondément reconnaissante envers Sabine Carriere et l’équipe municipale.
Dans les petits villages aussi, il doit pouvoir exister des lieux consacrés à la culture, à la mémoire et à la transmission.
Aujourd’hui, de nombreux lieux disparaissent parce qu’ils ne sont pas considérés comme suffisamment rentables. Les petits musées ferment, les collections sont dispersées et les savoir-faire manuels s’effacent progressivement.
La création du musée Atelier Arianne est aussi une manière de montrer qu’un village de montagne peut accueillir un projet patrimonial fort, vivant et ouvert à tous.
💗 Pourquoi avoir choisi l’ancien presbytère ?
L’ancien presbytère n’est pas un bâtiment neutre.
C’est un lieu chargé d’histoire, installé au cœur d’un village de montagne, avec une âme et une atmosphère particulières.
Pour un musée consacré aux objets transmis, aux souvenirs familiaux, à l’enfance et aux générations qui se succèdent, ce choix a beaucoup de sens.
Je ne voulais pas créer un espace froid, impersonnel ou uniquement commercial.
Je souhaitais un lieu chaleureux, intime et vivant, dans lequel les visiteurs ne découvriraient pas simplement des rangées de poupées derrière des vitrines.
Chaque poupée doit pouvoir raconter son époque, sa fabrication, ses vêtements, les enfants qui ont joué avec elle et les familles qui l’ont conservée.
L’ancien presbytère permet de créer cette atmosphère presque familiale que j’imagine depuis longtemps.
👩🎨 Qui suis-je ?
Je m’appelle Dorothée.
Certaines personnes présentes dans notre groupe Facebook consacré au musée et à la clinique me surnomment parfois « la fée aux mains d’or ».
Je suis artisane d’art et restauratrice de poupées, de poupons, de peluches et de jouets anciens.
Ma passion ne vient pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une véritable histoire familiale.
Je viens d’une famille dans laquelle il y a toujours eu des personnes très manuelles, des peintres, des sculpteurs, des artistes et des créateurs.
Dans chaque génération, une personne semble hériter de ce besoin de fabriquer, de réparer et de créer avec ses mains.
Dans ma génération, cette personne a été moi.
Dans la génération suivante, cette sensibilité artistique et artisanale est notamment présente chez l’une de mes filles.
🧵 Une passion née auprès de ma grand-mère Janine
La personne la plus importante dans cette histoire est ma grand-mère, Janine.
Elle a été l’une des personnes les plus importantes de toute ma vie.
C’est elle qui m’a transmis le respect des objets, le goût du travail bien fait, la patience, l’amour de la création et une forme de respect très profond pour l’histoire des gens.
Ma grand-mère avait cinq enfants et beaucoup de petits-enfants, mais j’étais la seule petite-fille de la famille. J’ai donc passé énormément de temps avec elle.
Dès l’âge de trois ans, je cousais à ses côtés. Je tricotais, je peignais et je fabriquais des objets.
Mon parrain a également beaucoup compté dans mon enfance. Il me créait des jouets, des objets qui bougeaient, produisaient de la musique et semblaient presque magiques à mes yeux d’enfant.
Avec ma grand-mère, les poupées n’étaient jamais seulement des jouets.
Elles faisaient partie d’un univers entier.
Nous les habillions, nous inventions des scènes, des histoires, des personnages et de petits mondes.
Puis la vie avance. On grandit, on travaille, on fonde une famille et l’on oublie parfois une partie de soi.
Mais certaines passions ne disparaissent jamais complètement.
Elles attendent simplement le moment de revenir.
🏢 De la décoration d’intérieur à la création artisanale
Après mes études, j’ai tout d’abord travaillé pour différents employeurs.
À l’âge de 25 ans, j’ai décidé de créer ma propre entreprise.
J’ai ouvert une première boutique-atelier et commencé à exercer comme décoratrice d’intérieur pour des particuliers.
L’activité s’est développée très rapidement.
J’ai reçu des demandes de restaurants, de maisons de réception, de lieux organisant des mariages et différents événements.
Peu à peu, mon entreprise individuelle est devenue une structure composée de quatre ateliers-boutiques et d’une vingtaine de salariés.
Ce fut une très belle réussite professionnelle, mais ce rythme de vie ne me correspondait plus.
J’avais besoin de travailler autrement, plus profondément et plus calmement. J’avais surtout besoin de retrouver davantage de sens dans mon quotidien.
J’ai donc pris la décision d’arrêter cette activité, malgré l’attachement très fort que j’avais pour mon équipe.
Je me suis ensuite installée à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, où j’ai ouvert une boutique consacrée au fait main, à la création et à la mercerie.
C’est à Prades que les poupées sont véritablement revenues dans ma vie.
📰 La découverte d’une page de Modes & Travaux
Un jour, au cours d’un vide-greniers, j’ai découvert une ancienne page du magazine Modes & Travaux consacrée à la poupée Françoise.
Cette page datait de 1953.
En la regardant, tous les souvenirs de mon enfance sont revenus.
Ce fut presque un choc.
J’ai recommencé à m’intéresser aux poupées, à collectionner, à rechercher leur histoire, à étudier les fabricants, les matières, les vêtements et les techniques de fabrication.
Dans ma boutique de Prades, j’ai commencé à reproduire d’anciens vêtements de poupées à partir des modèles originaux publiés dans Modes & Travaux.
Il ne s’agissait pas simplement de couture.
C’était un véritable travail de recherche.
Il fallait retrouver l’esprit des modèles, les tissus, les couleurs, les petits détails et les finitions correspondant à chaque époque.
Comme ma grand-mère, je suis très perfectionniste.
Pour moi, un travail doit être réalisé avec précision, patience et respect.
🔧 De la passion à la clinique de poupées
Peu à peu, j’ai également commencé à restaurer des poupées.
Je ne pouvais pas rester indifférente lorsque je voyais des personnes expliquer qu’elles avaient dû jeter leur poupée d’enfance parce qu’elle était cassée, très fragilisée ou parce que personne ne savait comment la réparer.
Les véritables cliniques de poupées sont aujourd’hui devenues rares.
Ce métier demande énormément de connaissances, de patience, d’expérience et de responsabilité.
Une poupée ancienne peut être extrêmement fragile.
Un mauvais geste, un produit inadapté, une température incorrecte ou une intervention réalisée trop rapidement peuvent provoquer des dommages irréversibles.
Il faut apprendre à connaître les différentes matières : le celluloïd, le rhodoïd, la composition, le biscuit, la porcelaine, le tissu, le vinyle et les plastiques anciens.
Il faut également comprendre les mécanismes, les yeux dormeurs, les différents types de montage, les élastiques, les perruques, les peintures et les techniques utilisées par les fabricants.
Mais la technique ne suffit pas.
Il faut aussi comprendre que l’on ne travaille jamais uniquement sur un objet.
On travaille sur une mémoire.
Une poupée confiée à la clinique représente souvent une enfance, une mère, une grand-mère, une maison familiale, un Noël, des vacances, parfois un deuil ou un souvenir que l’on croyait perdu.
Cette valeur sentimentale ne peut pas être mesurée financièrement.
C’est pourquoi ce métier exige non seulement une grande maîtrise technique, mais aussi énormément de délicatesse.
⚠️ Restaurer sans effacer l’histoire
Aujourd’hui, je reçois beaucoup de demandes de restauration.
Certaines poupées arrivent très fragilisées par le temps. Il m’arrive également de devoir reprendre des interventions inadaptées réalisées ailleurs.
C’est un sujet important.
Avant de confier une poupée ancienne, il faut être extrêmement prudent et vérifier le sérieux, les connaissances et l’expérience de la personne qui va intervenir.
La restauration ne doit jamais effacer l’histoire de l’objet.
Elle doit le stabiliser, le préserver et lui rendre sa dignité, sans le transformer n’importe comment.
Certaines restaurations peuvent paraître relativement simples : un nettoyage, le remplacement des élastiques, la remise en place d’un œil, le traitement d’une chevelure ou une légère reprise du maquillage.
D’autres interventions sont longues, complexes et presque chirurgicales.
Elles peuvent demander la consolidation de matières très fragiles, la réparation de fractures, la reconstitution de parties manquantes, la restauration d’un mécanisme, la recherche de tissus correspondant à l’époque ou la réimplantation de cheveux.
Chaque poupée exige une approche différente.
Ce qui me marque le plus n’est pourtant pas seulement la difficulté technique.
C’est l’émotion des personnes lorsqu’elles retrouvent leur poupée.
Lorsqu’une poupée retrouve son visage, son expression, sa coiffure, sa tenue ou simplement la possibilité de tenir à nouveau debout, il se passe quelque chose de très particulier.
Pour son propriétaire, ce n’est pas seulement une réparation.
C’est parfois un morceau d’enfance qui revient.
Une mère, une grand-mère, une maison et une époque entière peuvent réapparaître à travers elle.
C’est une immense responsabilité, mais aussi une très grande joie.
🪆 La naissance du musée Atelier Arianne
Au fil des années, ma collection a grandi.
Elle n’était plus seulement une collection personnelle.
Elle devenait progressivement un véritable ensemble patrimonial : un témoignage sur l’histoire des poupées, des jouets, des matériaux, des fabricants, des vêtements, des familles et des différentes manières de représenter l’enfance.
Aujourd’hui, la collection compte environ 6 000 poupées et objets liés à cet univers.
Elle couvre de nombreuses périodes, avec une présence importante de poupées datant des années 1940 à 1980, mais également des pièces plus anciennes.
La poupée la plus ancienne de la collection date approximativement de 1850.
Le public pourra découvrir des poupées en biscuit, en porcelaine, en composition, en celluloïd, en rhodoïd, en tissu et en vinyle.
La collection rassemble des poupées françaises, européennes et étrangères, des baigneurs, des poupées de mode, des poupées de magazines, des poupées de salon, des poupées régionales, des poupées de caractère, des peluches et différents jouets anciens.
Ces pièces sont accompagnées de vêtements, de chaussures, de petits meubles, de landaus, d’accessoires, de catalogues, de documents publicitaires, de patrons et de nombreux souvenirs liés à l’enfance.
À un certain moment, il est devenu évident que cet ensemble ne devait pas rester enfermé dans des cartons ou demeurer une collection uniquement privée.
Il fallait créer un lieu.
Un véritable lieu de conservation, de recherche et de transmission.
Un lieu dans lequel les poupées pourraient raconter autre chose que leur simple apparence.
🏛️ La poupée n’est pas un objet anecdotique
Une poupée peut nous renseigner sur la manière dont une société représente l’enfant.
Elle raconte l’évolution de l’éducation, de la mode, des coiffures, des matériaux, de l’industrie et des techniques de fabrication.
Elle parle également des conditions sociales, des habitudes familiales et des sentiments.
Certaines poupées étaient destinées à être manipulées pendant des années.
D’autres étaient précieusement conservées et les enfants n’avaient presque pas le droit d’y toucher.
Certaines possédaient des garde-robes entièrement confectionnées par une mère ou une grand-mère.
D’autres portent encore des réparations anciennes, des coutures, des marques, des traces de jeux et des gestes d’affection.
À travers une seule poupée, ce sont parfois une maison, une famille, une région et une époque entière qui réapparaissent.
Les poupées parlent de l’enfance, mais aussi de la maternité, de l’éducation, du rôle attribué aux filles, de la mode, de l’industrie, des guerres, des périodes de pénurie, des Trente Glorieuses, de la société de consommation et de l’évolution des goûts.
Elles ne sont jamais seulement décoratives.
Elles sont profondément humaines.
👨👩👧👧 Un projet profondément familial
Atelier Arianne est également une aventure familiale.
Mon mari m’accompagne et me soutient dans la construction de ce projet. Nous réalisons nous-mêmes une grande partie des travaux, à l’exception de ce qui doit naturellement être confié à des professionnels certifiés.
Mes filles ont également laissé leur empreinte dans cette histoire.
Ma fille aînée, Nina, est aujourd’hui ingénieure en informatique.
Alors qu’elle était encore en formation, elle a créé le blog Atelier Arianne et m’a appris les bases nécessaires pour que je puisse progressivement l’alimenter moi-même, organiser les rubriques, publier des articles et développer une encyclopédie consacrée aux poupées.
Ma fille Aleksandra a, quant à elle, énormément participé à l’univers artistique du musée.
Très jeune, elle a choisi la voie de l’artisanat, malgré les remarques et les préjugés qui peuvent encore entourer les filières professionnelles.
Elle a obtenu une médaille d’or et une médaille d’argent au concours du Meilleur Apprenti de France.
Elle a créé des décors, des scènes miniatures, des accessoires, des éléments en pâte polymère, en pâte à sel et différentes décorations textiles.
Une partie de son travail restera présentée dans le musée.
Pour moi, il est essentiel de rappeler que les métiers manuels ne sont pas des voies secondaires.
Être artisan demande de l’intelligence, de la précision, de la culture, du courage, de la patience et beaucoup d’amour pour ce que l’on fait.
🎁 Les dons au cœur de la collection
Une part essentielle du musée repose sur les dons.
De nombreuses personnes nous confient des poupées, des peluches, des jouets, des vêtements, des accessoires, des photographies, des catalogues et des documents.
Certaines n’ont plus suffisamment de place.
D’autres constatent que leurs enfants ou petits-enfants ne souhaitent pas conserver les collections familiales.
Beaucoup ont surtout peur que ces objets soient jetés après leur disparition.
Je reçois régulièrement des messages particulièrement émouvants.
Des personnes me disent :
« Merci d’exister, grâce à vous ma collection ne disparaîtra pas. »
Ou encore :
« Je ne voulais pas que les poupées de ma mère finissent à la déchetterie. »
Ces mots donnent tout son sens au projet.
Les dons ne sont pas simplement des objets qui arrivent au musée.
Ce sont des fragments de vie.
Chaque poupée peut porter une histoire, une époque, une main qui l’a tenue, une robe cousue par une grand-mère, une réparation ancienne ou une trace d’enfance.
Nous acceptons les poupées et les objets dans tous les états : complets, incomplets, usés, fragilisés ou cassés.
Même une poupée incomplète peut avoir une grande valeur documentaire.
Elle peut nous apprendre quelque chose sur une matière, un montage, un mécanisme, un fabricant ou une technique de production.
Les objets reçus sont triés, étudiés, photographiés et documentés.
Ils sont restaurés lorsque cela est nécessaire, puis intégrés aux collections, aux réserves ou aux archives.
Certains seront utilisés dans les futures expositions. D’autres serviront à la recherche, à la comparaison des modèles ou à l’étude des matériaux anciens.
Le musée n’est pas un lieu de vente.
Les poupées et les objets confiés au musée ne sont jamais revendus. Ils sont destinés à la conservation, à l’étude, à la transmission et à la sauvegarde du patrimoine.
Chaque poupée préservée constitue une petite victoire contre l’oubli et la disparition des objets anciens.
📚 Le blog et l’encyclopédie des poupées
Très vite, j’ai compris qu’un groupe Facebook ne suffirait pas.
Les réseaux sociaux sont vivants et permettent de magnifiques échanges, mais les informations s’y perdent facilement.
Une publication disparaît rapidement sous des centaines d’autres contenus.
Il fallait donc créer un espace plus stable, structuré et durable.
C’est ainsi qu’est né le blog Atelier Arianne :
https://atelier-arianne-blog.com/
Ce blog a été pensé comme un lieu de transmission.
On y trouve des articles consacrés aux poupées, aux fabricants, aux matières, aux identifications, aux restaurations, aux dons, aux souvenirs et à la vie du musée.
Je tenais à créer un site indépendant, sans publicités intrusives et sans plateforme gratuite envahie par les contenus commerciaux.
Le travail documentaire est immense.
Il faut rechercher, vérifier, comparer les modèles, retrouver les marquages, étudier les anciens catalogues et essayer de distinguer les informations sérieuses des très nombreuses erreurs qui circulent sur Internet.
De fausses identifications, des dates incorrectes ou des informations recopiées sans vérification peuvent malheureusement se propager très rapidement et devenir particulièrement nuisibles à la connaissance des poupées anciennes.
L’objectif du blog et de l’encyclopédie est donc de conserver des informations aussi précises que possible et de construire progressivement une véritable base documentaire accessible aux générations futures.
👥 Le groupe Facebook : une communauté de passionnés
Le groupe Facebook du musée et de la clinique est devenu un lieu essentiel dans la vie du projet.
Il rassemble aujourd’hui près de 6 000 membres inscrits et ses publications sont consultées par un public beaucoup plus large.
Certains contenus peuvent atteindre des dizaines de milliers de consultations, parfois bien davantage, car il n’est pas toujours nécessaire d’être membre pour les découvrir.
J’ai créé ce groupe pour que les passionnés puissent se retrouver sans être jugés.
Sur Internet, certaines personnes se permettent de critiquer, de se moquer ou de blesser les autres simplement parce qu’elles se trouvent derrière un écran.
Les amateurs de poupées sont encore parfois ridiculisés ou mal compris.
Pourtant, personne ne semble s’étonner que l’on collectionne des timbres, des trains miniatures, des voitures anciennes ou des objets militaires.
Lorsqu’il est question de poupées, il arrive encore que certaines personnes sourient ou portent un jugement.
Pourtant, les poupées sont des témoins historiques d’une richesse extraordinaire.
Sur notre groupe, je tiens à préserver une ambiance différente : du respect, du calme, de la passion, de l’entraide et de la bienveillance.
Les membres partagent leurs poupées, leurs collections, leurs catalogues, leurs accessoires, leurs souvenirs et leurs photographies d’enfance.
Certaines personnes racontent l’histoire d’une poupée transmise par leur mère ou leur grand-mère.
D’autres présentent une robe, une chaussure, une boîte, un document ou une étiquette.
Toutes ces contributions sont précieuses.
Elles permettent de construire ensemble une mémoire collective.
Lorsque cela est possible, les informations et les photographies sont étudiées, classées, documentées et conservées dans les archives du musée ou intégrées au blog.
Ainsi, elles ne disparaissent pas avec les personnes qui les ont transmises.
Elles restent accessibles aux générations futures.
🚧 Où en est le projet aujourd’hui ?
Le musée n’est pas encore ouvert au public.
Les bâtiments sont toujours en cours de rénovation et d’aménagement.
Une erreur s’était glissée dans un précédent article de presse, qui annonçait une ouverture à l’automne. Cette ouverture ne sera malheureusement pas possible.
Le projet avance, mais il demande encore énormément de travail.
Avec mon mari, nous réalisons nous-mêmes une grande partie des travaux, hormis les interventions qui doivent être confiées à des professionnels certifiés.
Il faut préparer les salles, adapter les espaces, organiser les vitrines, réfléchir à la circulation des visiteurs, sécuriser les collections, restaurer certains éléments, trier, cataloguer et protéger plusieurs milliers d’objets.
Tout cela prend beaucoup de temps.
Je continue parallèlement mon travail à la clinique, la réception des dons, les restaurations, les devis, les recherches, le classement, les publications, le blog, l’encyclopédie, la page Facebook, le groupe et les nombreux échanges avec les personnes qui nous confient leurs poupées ou leurs souvenirs.
L’ouverture est prévue pour l’année prochaine.
Je préfère prendre le temps nécessaire plutôt que d’ouvrir trop tôt un lieu qui ne serait pas suffisamment prêt.
Pour moi, chaque détail compte.
👀 Que découvriront les futurs visiteurs ?
En poussant la porte du musée, les visiteurs découvriront un univers consacré à l’histoire des poupées et des jouets, mais également à l’histoire de l’enfance, des familles, de la mode, des matériaux et des savoir-faire.
Le parcours sera organisé par périodes, par matières, par fabricants, par usages et par ambiances.
Certaines pièces surprendront peut-être par leur ancienneté, leur fragilité, leur expression, leur taille ou leur mécanisme.
D’autres toucheront les visiteurs parce qu’elles leur rappelleront leur propre enfance, celle de leurs parents ou celle de leurs grands-parents.
Je souhaite que les poupées soient replacées dans des univers cohérents, accompagnées de leurs vêtements, de leurs accessoires, de petits meubles, de catalogues et de documents permettant de comprendre leur époque.
Au rez-de-chaussée, nous aimerions également créer un petit salon de thé.
Ce serait un espace agréable dans lequel les visiteurs pourraient prolonger leur découverte, se poser, discuter et échanger autour de leurs souvenirs.
Le musée devrait être ouvert quelques jours par semaine.
La clinique de poupées fonctionnera plus largement, environ cinq à six jours sur sept, car le travail de restauration et le suivi des poupées sont quotidiens.
Pour le moment, les ateliers et les animations ne sont pas encore précisément définis.
Notre priorité est d’abord d’ouvrir correctement le musée et la clinique.
Nous réfléchirons ensuite à la manière de faire vivre le lieu à travers des rencontres, des présentations, des expositions temporaires ou d’autres formes d’animation.
Je préfère avancer sérieusement, étape par étape.
👨👩👧 À qui s’adresse ce musée ?
Le musée Atelier Arianne s’adresse à tout le monde.
Il s’adresse naturellement aux collectionneurs, mais également aux familles, aux enfants, aux personnes âgées, aux amateurs d’histoire et de patrimoine, aux curieux, aux touristes et aux habitants de la région.
Il s’adresse aux personnes qui ont conservé une poupée de leur enfance, mais aussi à celles qui n’ont jamais osé dire qu’elles aimaient cet univers.
Je souhaite que chacun puisse entrer dans le musée sans avoir besoin d’être spécialiste.
Une poupée peut toucher une personne par son histoire, son regard, son vêtement ou simplement parce qu’elle réveille un souvenir oublié.
🌿 Pourquoi avoir choisi Ascou ?
Ascou est un choix de cœur.
Mon mari est ariégeois et profondément attaché à cette région.
Lorsque nous avons décidé de nous marier et de construire notre vie ici, j’ai dû réfléchir à l’avenir de mon activité, de la clinique, de la collection et du projet de musée.
Quitter Prades n’a pas été une décision facile.
J’y avais ma boutique, mon travail, mes habitudes et mes engagements associatifs.
J’étais notamment bénévole aux Restos du Cœur ainsi que dans une association qui récupérait des objets afin de les proposer à prix accessible aux personnes qui en avaient besoin.
Cette dimension humaine et solidaire occupait une place importante dans ma vie.
Mon mari m’a énormément soutenue.
Il savait que le projet du musée était essentiel pour moi, mais aussi qu’il pouvait être utile à beaucoup de personnes.
C’est grâce à son soutien, à notre rencontre avec la mairie et à la confiance de la commune que cette histoire peut aujourd’hui se poursuivre à Ascou.
💞 La clinique et le musée : deux projets indissociables
La clinique de poupées et le musée sont intimement liés.
La clinique permet de sauver des poupées qui, autrement, seraient parfois abandonnées ou jetées.
Le musée permet de les conserver, de les étudier, de les présenter et de transmettre leur histoire.
Dans les deux cas, il s’agit de sauvegarde.
Le public pourra également découvrir, à travers les publications, le blog et certaines présentations, une partie du travail réalisé à la clinique.
La restauration et la conservation poursuivent le même objectif : protéger ce qui est fragile et transmettre ce qui risquerait autrement de disparaître.
🌸 Ce que je souhaite transmettre
À travers ce musée, je souhaite transmettre le respect des objets, mais aussi le respect des personnes.
Je veux montrer que les poupées ont une histoire.
Que les jouets anciens font partie du patrimoine.
Que les savoir-faire manuels doivent être protégés.
Que les petites communes peuvent porter de beaux projets culturels.
Que ce qui paraît fragile, modeste ou sans importance peut posséder une immense valeur.
Ce qui disparaît n’est pas toujours spectaculaire.
Ce sont parfois des poupées, des vêtements, des catalogues, des noms de fabricants, des gestes de couture, des matières anciennes et des histoires racontées par des grands-mères.
Lorsque personne ne les conserve, ces éléments s’effacent silencieusement.
Le musée Atelier Arianne est né pour lutter contre cet effacement.
💐 Un hommage à ma Mamie Janine
Pour terminer, je voudrais dire que ce musée est aussi, d’une certaine manière, un hommage à ma Mamie Janine.
C’est elle qui m’a appris à regarder les objets autrement.
Avec elle, une poupée n’était jamais seulement une poupée.
C’était une présence, une histoire, un souvenir et une petite part de vie.
Elle m’a transmis le goût du travail bien fait, la patience, le respect des choses anciennes, mais aussi une idée très simple : ce que les mains créent avec amour mérite d’être protégé.
Lorsque je restaure une poupée, que je classe un don, que je prépare une vitrine ou que je lis le message d’une personne qui confie au musée un souvenir familial, je pense souvent à elle.
Je sais qu’une partie de ce que je fais vient directement de ce qu’elle m’a donné.
Elle n’est plus là physiquement, mais je sens profondément qu’elle m’accompagne dans ce projet.
Ce musée, je le construis aussi pour elle.
Pour tout ce qu’elle m’a transmis.
Pour cette enfance passée à ses côtés, parmi les tissus, les fils, les aiguilles, les poupées et les histoires.
J’espère qu’elle est avec moi.
Et surtout, j’espère qu’elle est fière de moi…
🙏 Mes remerciements
Je remercie très chaleureusement Clémentine Rivière et La Dépêche du Midi d’avoir consacré cet article à mon parcours, à la clinique et au futur musée.
Je remercie également Sabine Carriere, la municipalité d’Ascou et toutes les personnes qui soutiennent ce projet.
Merci à mon mari, à mes filles, aux donateurs, aux bénévoles, aux membres du groupe, aux personnes qui partagent leurs archives et à toutes celles qui nous confient une poupée, un vêtement, une photographie, un catalogue, un accessoire ou simplement un souvenir.
Ce musée se construit grâce à vous.
Il préservera non seulement des poupées et des jouets, mais également des fragments de vies, des histoires familiales et une mémoire collective qui mérite d’être transmise aux générations futures.
📍 INFORMATIONS ET CONTACTS
Atelier Arianne – musée et clinique de poupées
122 Chemin du Pas Estreit
09110 Ascou
France
🌐 Blog :
https://atelier-arianne-blog.com/
🌐 Site internet :
https://www.atelierarianne.com/
🎁 Dons pour le musée :
museepoupees@gmail.com
🔧 Restaurations à la clinique :
cliniquepoupees@gmail.com
Vous pouvez également retrouver Atelier Arianne sur Facebook, sur notre page professionnelle et dans le groupe :
Atelier Arianne clinique et musée de poupées – GROUPE
Dorothée – Atelier Arianne, clinique et musée de poupées

