Don exceptionnel de poupées françaises et européennes anciennes Restauration et transmission à l’Atelier Arianne – clinique et musée de poupées Il arrive qu’un don dépasse largement la dimension matérielle.Il arrive qu’un carton contienne non seulement des poupées, mais plusieurs générations d’enfance, de gestes transmis et…
𝐋𝐈𝐍𝐆𝐄𝐑𝐈𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐔𝐍𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐏𝐄́𝐄 𝐄𝐍 𝐁𝐈𝐒𝐂𝐔𝐈𝐓 𝐃𝐄 𝐋𝐈𝐌𝐎𝐆𝐄𝐒𝑳𝒊𝒏𝒈𝒆𝒓𝒊𝒆 𝒅𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒑𝒆́𝒆 𝒂𝒏𝒄𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆 – 𝒓𝒆𝒔𝒕𝒂𝒖𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒕𝒆𝒙𝒕𝒊𝒍𝒆Clinique et musée de poupées anciennes Cette poupée en biscuit de Limoges, que vous avez déjà découverte lors de sa restauration, entre aujourd’hui dans une nouvelle étape : la réalisation de sa…
Cette poupée appartient à Madame Solène, qui m’a sollicitée afin de confirmer son identification et, surtout, de comprendre si la boîte correspondait réellement au modèle.
À première vue, il s’agissait d’une belle poupée des années 50, soigneusement conservée, avec sa robe d’origine et sa boîte.
Mais très rapidement, certains éléments ont attiré l’attention.
Elle ne correspondait ni totalement aux premières Bella du début des années 50, ni complètement aux versions plus tardives dites « Gros Cuisse » que l’on connaît bien.
Sa morphologie semblait intermédiaire. Son corps en carton travaillé contrastait avec la référence numérotée 220/8. Sa perruque en mohair correspondait parfaitement à l’inscription de la boîte. Et pourtant, certains détails la distinguaient des modèles documentés les plus courants.
C’est précisément ce type de poupée qui devient passionnant à étudier.
Non pas parce qu’elle est rare au sens spectaculaire du terme, mais parce qu’elle éclaire une période de transition industrielle souvent moins visible dans les archives.
Certaines poupées ne sont pas seulement destinées à être admirées.
Elles sont les témoins d’un moment charnière dans l’histoire d’une manufacture.
Et celle-ci en fait partie….
La boîte : un élément déterminant
La boîte porte l’inscription imprimée d’origine :
Ref. 220/8 – cheveux mohair
Il ne s’agit pas d’un ajout ultérieur : l’impression est industrielle.
On observe également la mention manuscrite au crayon :
“bleu”, correspondant exactement à la robe bleue portée par la poupée.
Dans les années 50, il était courant chez Bella d’imprimer une référence générale, puis d’indiquer la couleur au crayon en magasin ou en stock.
La boîte :
correspond parfaitement aux dimensions de la poupée,
ne présente aucune trace d’adaptation secondaire,
mentionne “cheveux mohair”, cohérent avec la perruque observée.
Conclusion : la boîte est d’origine et correspond à la poupée.
Caractéristiques générales
Taille : 38 cm
Dimension compatible avec les références 220/7–220/8 mentionnées pour des modèles d’environ 38–40 cm.
La tête
Yeux dormeurs
Deux petites dents visibles
Absence de marquage en relief
Matière : plastique dur (non rhodoïd)
Pourquoi ce n’est pas du rhodoïd ?
Le rhodoïd :
est légèrement translucide
dégage une odeur de camphre
est plus fin et plus fragile
Ici :
matière dense
aucune odeur caractéristique
structure plus massive
Il s’agit donc d’un plastique précoce ou matériau de transition.
La perruque
Fixée sur calotte en résille
Fibre mohair authentique
Correspondance parfaite avec la mention “cheveux mohair”
Dans les années 50, le mohair désignait une version qualitative supérieure.
La robe et la lingerie
La robe :
ample et froncée
col Claudine / Peter Pan
esthétique “petite fille modèle”
La petite culotte/jupon observée apparaît également sur d’autres modèles du milieu des années 50.
Ensemble cohérent et d’origine.
Le col Claudine : indice stylistique déterminant
Ce col arrondi, doux et symétrique est typique de la mode enfantine 1945–1955.
Dans la seconde moitié des années 50, les robes deviennent plus structurées, plus modernes.
Ici, le col conserve une simplicité élégante propre à la période de transition.
Les détails textiles sont des marqueurs chronologiques fiables lorsqu’ils sont analysés avec la morphologie.
Morphologie et jambes
Les jambes sont pleines mais pas encore “hyper gonflées”.
Les genoux sont modelés avec douceur.
La silhouette reste équilibrée.
Analyse proportionnelle – Visage et volume des cuisses
Positionnement morphologique dans la série 220
Analyse du visage
Largeur du visage (pommettes)
Phase pré-220 (1951–1954)
Largeur modérée
Pommettes présentes mais non dominantes
Ligne latérale encore relativement droite
Notre exemplaire (phase transition 1954–1956)
Pommettes légèrement plus développées
Volume accru par rapport aux modèles antérieurs
Mais encore absence de débordement latéral massif
220 stabilisée (1957–1959)
Pommettes très larges
Volume latéral très marqué
Impression de rondeur globale du visage
Notre poupée se situe exactement entre les deux extrêmes.
Rapport front / joues / menton
Dans les modèles tardifs :
Les joues occupent visuellement plus de 50 % du volume facial.
Le menton devient plus discret, arrondi.
Sur notre exemplaire :
Le front reste proportionnellement visible.
Les joues ne dominent pas encore entièrement la structure.
Le menton conserve une légère définition.
Cela confirme une morphologie intermédiaire.
Analyse proportionnelle des cuisses
Largeur cuisse / largeur mollet
Modèles tardifs 220 (Gros Cuisse)
Largeur de la cuisse très supérieure au mollet
Transition très douce et bombée
Genoux fortement marqués
Notre exemplaire
Cuisse plus pleine que les modèles antérieurs
Mais différence cuisse/mollet encore modérée
Genou modelé sans excès
Visuellement, la cuisse n’écrase pas la silhouette.
Rapport haut du corps / bas du corps
Dans la version stabilisée :
Le bas du corps devient dominant.
L’œil est attiré par les jambes massives.
Sur notre poupée :
La silhouette reste équilibrée.
Le volume inférieur n’a pas encore pris le dessus.
Cela confirme une étape intermédiaire dans l’évolution
Analyse proportionnelle – Visage et volume des cuisses
Élément
Pré-220
Notre exemplaire
220 stabilisée
Largeur des joues
Modérée
Intermédiaire
Très large
Volume facial
Structuré
Adouci
Très rond
Largeur des cuisses
Proportionnée
Plus pleine
Massivement développée
Dominance visuelle
Équilibrée
Équilibrée
Bas du corps dominant
Notre poupée se situe clairement dans la phase intermédiaire.
Analyse du moule – Influence dite “Paredes”
Les références 220/7–220/8 sont parfois associées à un moule dit “Paredes”.
Caractéristiques :
Visage légèrement allongé
Pommettes modérées
Bouche fine avec deux dents
Expression plus délicate
Notre exemplaire correspond à ce type morphologique antérieur à la version pleinement stabilisée.
La numérotation commerciale peut évoluer plus vite que les moules.
Schéma explicatif de l’évolution morphologique
Phase 1 (1951–1954)
Corps carton travaillé fréquent
Morphologie équilibrée
Phase 2 (1954–1956) – Transition
Référence 220
Corps parfois encore carton travaillé
Morphologie intermédiaire
Phase 3 (1957–1959)
Corps alkatène
Marquage en relief
Gros Cuisse pleinement développé
Notre poupée appartient à la phase 2.
Encadré explicatif – La notion de « Gros Cuisse »
Le terme « Gros Cuisse » est une désignation de collectionneurs.
Il correspond à :
Cuisses très développées
Genoux fortement arrondis
Bas du corps dominant
Visage très rond
Cette morphologie apparaît progressivement.
Notre exemplaire illustre l’émergence de cette évolution, non sa version finale.
Le corps : carton travaillé
Le corps est en carton travaillé, monté sur élastiques.
Dans les années 1954–1956 :
les matériaux se chevauchent
les stocks sont encore utilisés
la production évolue progressivement
Il est plausible qu’une première génération 220 ait encore utilisé ce corps.
Une poupée charnière dans l’histoire Bella
Ce qui rend cette poupée intéressante n’est pas seulement sa référence 220/8.
Elle combine :
✔ Construction héritée de la génération précédente ✔ Numérotation commerciale déjà structurée
Elle se situe dans le moment où Bella passe d’une production évolutive à une standardisation industrielle.
Elle n’est pas un prototype. Elle n’est pas une anomalie.
Elle est le reflet d’un moment précis où tradition et modernité coexistent.
Encadré explicatif
La notion de « Gros Cuisse » chez Bella : apparition et évolution
Le terme « Gros Cuisse » n’est pas une appellation officielle d’usine, mais une désignation employée par les collectionneurs pour qualifier un type morphologique bien spécifique développé par Bella dans la seconde moitié des années 1950.
Ce que désigne réellement « Gros Cuisse »
Il ne s’agit pas seulement de cuisses larges.
Le type « Gros Cuisse » correspond à une combinaison morphologique complète :
Cuisses très développées, visuellement dominantes
Genoux fortement arrondis
Transition cuisse/mollet très adoucie
Bas du corps plus massif que le buste
Visage plus rond, plus “bébé”, avec pommettes très pleines
C’est une silhouette globale, et non un simple détail anatomique.
Une évolution progressive, non brutale
Contrairement à une idée répandue, le type « Gros Cuisse » n’apparaît pas soudainement.
Son développement est progressif :
Début des années 50 Silhouette équilibrée, proportions encore relativement classiques.
Milieu des années 50 Les cuisses commencent à s’élargir. Les volumes s’adoucissent. Les formes deviennent plus pulpeuses. → Phase de transition.
Fin des années 50 Morphologie pleinement stabilisée. Les cuisses deviennent l’élément dominant de la silhouette. Le type « Gros Cuisse » est alors pleinement identifiable.
Où se situe notre poupée ?
Notre exemplaire :
présente des cuisses plus pleines que les modèles antérieurs,
mais pas encore massives,
conserve un équilibre visuel entre haut et bas du corps,
affiche une morphologie intermédiaire.
Elle ne correspond pas à la phase stabilisée du « Gros Cuisse », mais à son émergence progressive.
Pourquoi cette précision est importante
Beaucoup d’identifications reposent sur une vision figée du type « Gros Cuisse ».
Or, l’histoire industrielle n’est jamais binaire.
Les formes évoluent. Les moules sont modifiés progressivement. Les générations se chevauchent.
Comprendre cette évolution permet de replacer correctement les modèles de transition, comme cette Bella Ref. 220/8, dans leur contexte réel.
Conclusion finale
Cette poupée est très probablement :
Bella – Ref. 220/8 – cheveux mohair Première série de production Période de transition (env. 1954–1956)
Un témoignage rare d’un moment charnière dans l’histoire de Bella.
Si vous possédez un modèle similaire (220/7 ou 220/8 avec corps carton travaillé), partagez vos photos : chaque exemplaire enrichit la compréhension de cette période encore partiellement documentée.
Très belle soirée à toutes et à tous
Dorothée – Atelier Arianne – clinique et musée de poupées
Ce petit Jacky est arrivé à l’atelier dans un état particulièrement délicat.Le corps était fissuré, une jambe entièrement éclatée en de multiples fragments, l’autre pied très endommagé, et les élastiques totalement détendus. Mais au-delà des dégâts visibles, c’est surtout la matière qui rendait cette restauration…
Certains dons portent en eux une histoire intime et profondément émouvante. Celui-ci en fait partie. Nous avons reçu une collection exceptionnelle de chaussures de poupées, accompagnée de deux poupées d’enfance précieusement conservées. Témoignage Bénédicte nous écrit : « Ma maman, décédée en août dernier, avait…
À la suite de notre article consacré à la restauration du baigneur SIC offert au musée, puis du second article dédié à la caractérisation technique des poupées et baigneurs en celluloïd, ce troisième volet vient clore notre étude consacrée à la Société Industrielle de Celluloïd.
L’objectif de cette publication est de clarifier un point qui suscite encore de nombreuses interrogations chez les collectionneurs : la relation entre SIC et SNF, la coexistence des marquages, et la notion parfois mal comprise de « poupées de transition ».
L’histoire industrielle n’est pas toujours linéaire. Les changements de structure ne se traduisent pas immédiatement dans les marquages moulés sur les poupées. C’est précisément cette zone intermédiaire — entre continuité technique et évolution industrielle — que nous avons souhaité analyser avec rigueur.
Ce troisième article rassemble donc :
une chronologie structurée,
une présentation détaillée des marquages SIC,
une clarification de la période de transition 1927–1935,
et une identification prudente des modèles pouvant être considérés comme « transition ».
Il s’inscrit dans une démarche muséale : documenter, comparer, nuancer — sans extrapoler.
Ce travail clôt ainsi notre dossier consacré à SIC, tout en posant les bases nécessaires pour aborder plus sereinement l’étude des productions SNF.
FICHE PRODUCTEUR
SIC – Société Industrielle de Celluloïd
(France)
I. CHRONOLOGIE STRUCTURÉE
1887 – Fondation industrielle (industrie du celluloïd).
vers 1903 – Début de production de poupées en celluloïd.
1913 – Publicité attestée : « Société Industrielle de Celluloïd – Cinq usines ».
Années 1920 – Production massive de baigneurs et poupées.
1927 – Rapprochement industriel avec la SNF (Société Nobel Française).
1928 – Création du logo SNF (entreprise).
vers 1934–1935 – Coexistence des marquages SIC et SNF.
vers 1937 – Premiers marquages SNF clairement identifiés sur poupées.
1958 – Passage au polyéthylène (SNF).
1963 – Fin de production des poupées.
II. LES MARQUAGES SIC
1. Marque au Dragon + FRANCE + taille
Caractéristiques :
Dragon stylisé tenant un blason.
Inscription « FRANCE ».
Numéro de taille (ex : 40).
Généralement moulé en relief.
Présent surtout sur la nuque ou le haut du dos.
Datation estimée : Principalement années 1920 (≈ 1925–1930).
Observation : On retrouve parfois le dragon sans taille ou avec usure partielle.
2. Losange S|C (rombe)
Caractéristiques :
Romb double contour.
Ligne verticale centrale.
S à gauche / C à droite.
Souvent accompagné d’un numéro de taille.
Exemple observé :
FRANCE. 5. [losange S|C]. 17 ½.
Localisation fréquente :
Milieu du dos.
Bas du tronc.
Période : Années 1920 – début 1930. Peut coexister avec une production déjà sous contexte industriel SNF.
III. MÉTHODE D’IDENTIFICATION
1. Observer l’emplacement
Nuque = souvent dragon.
Dos = souvent losange S|C.
2. Vérifier la typographie de « FRANCE »
Lettrage moulé simple, sans empattement marqué.
3. Examiner la matière
Celluloïd :
léger.
son creux.
jointure latérale visible.
odeur caractéristique (vinaigre si dégradation).
4. Regarder la numérotation
Nombre isolé = taille.
Fraction (ex : 17 ½) = hauteur en centimètres (cm).
IV. CONTEXTE INDUSTRIEL
La publicité de 1913 montre :
Production en grande série.
Diversification (peignes, articles de tabletterie, jouets).
Implantation parisienne.
Cela confirme que SIC n’était pas uniquement fabricant de poupées, mais industriel du celluloïd.
V. PÉRIODE DE TRANSITION SIC / SNF
Pourquoi relier SIC et SNF ?
On relie SIC et SNF non parce qu’il s’agit de « la même marque », mais parce qu’il existe une transition industrielle progressive.
En 1927, SIC s’associe à la SNF. Cependant, le marquage sur les poupées ne change pas immédiatement.
Entre environ 1927 et 1934/35, les deux marquages coexistent.
Il est donc possible de rencontrer une poupée produite dans un contexte industriel déjà orienté vers SNF tout en portant encore un marquage SIC.
C’est cette situation qui a longtemps dérouté les collectionneurs.
RÈGLE MUSÉALE IMPORTANTE
Un marquage SIC ne signifie pas automatiquement que la poupée est antérieure à 1927.
La transition entre SIC et SNF est progressive. Les moules, modèles et marquages peuvent coexister pendant plusieurs années.
MODÈLES DE TRANSITION SIC / SNF
(période de bascule industrielle ≈ 1927–1935)
Une poupée est classée « transition » uniquement si la continuité est documentée ou matériellement attestée.
Dominique (fille / garçon) — ATTESTÉ
Pourquoi :
Modèle créé sous SIC.
Explicitement continué sous SNF.
Existence d’exemplaires avec marquage mixte :
Tête marquée S.I.C.
Corps marqué S.I.C. + SNF.
Formulation sûre : Modèle de la S.I.C. continué par la S.N.F. ; certains exemplaires présentent un marquage mixte attestant la phase de transition.
François (baigneur) — CONTINUITÉ DOCUMENTÉE
Pourquoi :
Versions marquées SIC.
Versions ultérieures marquées SNF.
Continuité signalée dans la documentation.
Formulation sûre : Baigneur produit sous marquages SIC puis poursuivi sous marquages SNF.
Baigneur “caractère” SIC — MENTION DE CONTINUITÉ
Pourquoi :
Signalé comme modèle poursuivi sous SNF.
Marquage SIC attesté.
Limite : Pas d’exemplaire mixte documenté à ce jour.
Formulation sûre : Modèle indiqué comme continué par la SNF ; continuité mentionnée, sans preuve matérielle mixte actuellement attestée.
Françoise — COEXISTENCE OBSERVÉE
Présente sous marquage SIC et sous marquage SNF. La coexistence est attestée, mais la continuité formelle du moule n’est pas explicitement démontrée.
Claudine / Claudinet — PRODUCTION SNF
Apparaissent clairement sous SNF à partir du milieu des années 30. Aucune preuve formelle actuelle d’une origine directe sous SIC.
FORMULATION SYNTHÉTIQUE À RETENIR
Entre 1927 et environ 1934/35, SIC et SNF coexistent. Des poupées peuvent porter un marquage SIC alors que la structure industrielle est déjà en transition vers SNF.
Les véritables poupées « de transition » sont celles où la continuité du modèle est documentée, notamment lorsqu’un marquage mixte est observé.
Conclusion
L’étude de la Société Industrielle de Celluloïd nous rappelle qu’une poupée n’est jamais seulement un objet. Elle est le résultat d’un contexte technique, industriel et humain.
À travers la restauration du baigneur offert au musée, puis l’analyse des caractéristiques matérielles et enfin l’examen des marquages et de la transition vers la SNF, nous avons tenté de reconstituer un paysage industriel souvent simplifié à tort.
Comprendre SIC, c’est accepter la nuance. Accepter que les marquages ne changent pas toujours au même rythme que les structures. Accepter qu’une période de transition puisse exister sans rupture nette.
Ce dossier ne prétend pas clore définitivement la recherche, mais il offre un cadre solide, fondé sur l’observation des objets et la documentation disponible à ce jour.
Il constitue désormais une base de référence pour l’étude des productions SIC, et un point d’appui pour aborder avec méthode les modèles SNF qui lui succèdent.
La recherche continue — avec patience, précision et respect des faits.
Dorothée Atelier Arianne-clinique et musée de poupées
──────────────────────────────── ENQUÊTE PATRIMONIALE BELLA 45 CM MARQUÉE 1.45.0.1 La “Betty” hors classification ──────────────────────────────── La “Betty” hors classification catalogue enfin identifiée ? ──────────────────────────────── Préambule Cette étude est née d’une demande d’expertise formulée par Madame Dominique , qui nous a confié les photographies de sa poupée afin…
Histoire, modèles, variantes et caractéristiques techniques Par Dorothée – Atelier Arianne Une maison pionnière du celluloïd en France La Société Industrielle du Celluloïd (SIC) fait partie des plus anciens fabricants français de poupées en matière plastique.La production de baigneurs en celluloïd débute dès 1902, plaçant…
Ce minuscule baigneur SIC, mesurant seulement 17,5 cm, a rejoint les collections de l’Atelier Arianne grâce à un don précieux. Malgré sa petite taille, son état nécessitait une intervention particulièrement technique.
La tête était dans un état très préoccupant : le celluloïd était totalement enfoncé, déformé et fragilisé par le temps. Ce matériau, extrêmement sensible à la pression, à la chaleur et au vieillissement, demande une approche progressive, maîtrisée et respectueuse de la matière d’origine.
J’ai pu redonner à la tête sa forme initiale, stabiliser la structure et préserver au maximum l’authenticité de la pièce. La poupée a ensuite été entièrement démontée et les élastiques internes ont été remplacés, afin de lui rendre une tenue correcte et une articulation harmonieuse.
Aujourd’hui, ce petit baigneur a retrouvé sa dignité et peut intégrer la collection du musée comme témoin de la production française en celluloïd.
Je remercie très sincèrement la Donatrice pour sa confiance et sa générosité. Ces gestes permettent de sauvegarder un patrimoine fragile et souvent menacé.
Dons pour le musée – Atelier Arianne
Nous accueillons avec reconnaissance les dons liés à l’univers de la poupée et du jouet ancien, toutes époques confondues, y compris les objets incomplets ou en très mauvais état.
Atelier Arianne – clinique et musée de poupées Don au musée – Poupon Bamba (Bella) Il y a quelque temps déjà, Atelier Arianne – clinique et musée de poupées a eu l’immense chance de recevoir un don exceptionnel de poupées Bella, généreusement confié par Madame Amarie.Un ensemble riche, varié et d’un…